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Une découverte

Comme beaucoup de découvertes, celle de l’EMDR en 1987 repose sur le hasard le plus total. En effet, rien ne prédestinait Francine Shapiro à devenir docteur en psychologie au Mental Research Institute de Palo Alto. Elle raconte qu’elle était plutôt promise à la carrière d’érudite et de critique littéraire. Après avoir été atteinte d’un cancer, les médecins la considéraient comme guérie mais ne pouvaient lui donner aucune garantie qu’il n’y ait pas de rechute. Francine Shapiro décide alors d’approfondir son questionnement sur les méthodes psychologiques et physiologiques permettant de recouvrer vraiment la santé. Après une recherche par le biais de séminaires et d’ateliers sur l’esprit, le corps, et les méthodes pour améliorer le bien-être physique et mental, elle anima d’ailleurs  elle-même des ateliers à destination d’un large public (Shapiro, 1995).

Toutefois un jour, alors qu’elle se promenait dans un parc, elle découvrit en suivant le vol des oiseaux et en opérant des mouvements latéraux des yeux (Shapiro, 1989) que les pensées négatives qu’elle avait quelques minutes auparavant, semblaient évoluer et se transformer.

« I noticed that some disturbing thoughts I was having were suddenly disappearing, and when I went to bring them back, they just didn’t have the same charge anymore, they just weren’t as emotionally loaded; ..I noticed that when that kind of thought came to mind, my eyes started moving spontaneously in a certain way, a very rapid ballistic movement, and I noticed the thought shift out of consciousness, and then when I brought it back again. it no longer had that same charge; . . . I wanted to see whether it would work if I did it deliberately, so I brought up something that bothered me, something minor, and I moved my eyes in the same way, and I found the same thing happen; the thought shifted, and then on retrieval it wasn’t as valid. it didn’t have the same emotional load; … I wanted to see if it would work for anyone else». (Shapiro, 1998).

Les souvenirs ou les pensées ne disparaissaient pas de sa conscience, mais leur charge émotionnelle négative s’atténuait jusqu’à disparaître totalement. Shapiro (1989) poursuivit cette expérience par des mouvements rapides des yeux en pensant simultanément à des souvenirs pénibles.

Puis, elle appliqua la même expérience à des amis et collègues volontaires. Ceux-ci se centraient sur un aspect de leur vie passée (brimades ou humiliations qui pouvaient encore les perturber). Simultanément, ils concentraient leur attention visuelle sur le mouvement de va-et-vient de droite à gauche que Francine Shapiro opérait avec ses doigts en prenant soin de « répliquer » ce qu’elle-même avait vécu dans ce parc quelques temps auparavant.

Observation et Modélisation 

Six mois après ses premières observations empiriques, Shapiro avait fait évoluer sa démarche en essayant différents types de mouvements (plus ou moins rapides, plus ou moins amples, horizontaux et obliques), et en demandant aux sujets de se focaliser sur différents aspects des traces mnésiques du souvenir négatif, puis élabore une procédure standard et la teste sur près de 70 personnes. A ce moment-là, son premier modèle voit le jour et il est principalement comportemental. Il se nomme EMD (Eye Movement Desensitization). Suite à cette première expérience, elle cherche à contrôler les effets de cette procédure en la testant sur un groupe homogène. Elle fait alors quelques essais auprès d’un public présentant un Syndrome de Stress Post Traumatique avec succès. Les 22 personnes présentant un SSPT suite à des viols, des violences, des faits de guerre, etc. répondent bien à une prise en charge EMD. Par rapport au groupe contrôle, les patients suivis en EMD présentent des niveaux d’angoisse qui diminuent, une augmentation marquée de leurs croyances positives sur eux-mêmes, indiquant une restructuration cognitive solide (Shapiro, 2007).

Développement 

En quelques années, cette thérapie intégrative  s’est développée.  Lorsque je rencontre Francine Shapiro en 2005 à Bruxelles, j’échange quelques mots avec elle. Puis, je lui pose la question suivante : « Quand vous avez créé l’EMDR, avez-vous imaginé  qu’elle deviendrait aussi importante » ?Après quelques secondes de réflexion, elle me répondit : « oui ».

La lucidité de cette grande dame,  était grande et les prochaines années  le confirmeront. Aujourd’hui l’EMDR fait l’objet de recherches scientifiques  partout dans le monde et notamment en France ou j’ai moi-même soutenu mon doctorat à l’université de Lorraine.Tous les jours, des centaines de personnes traumatisées sont traitées avec l’EMDR avec des résultats rapides et solides. Continuons le travail initié !! Merci Madame !

                                                               

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